27 octobre 2018 - 6 janvier 2019

Cette exposition met en lumière le témoignage artistique laissé par Léon Le Clerc autour de la Grande Guerre à Honfleur. Articulée autour de 17 aquarelles qui évoquent le centre d’instruction pour les recrues belges et la base militaire britannique - toutes deux stationnées à Honfleur durant la Première guerre mondiale - elle présente non seulement le travail de mémoire réalisé à l’époque par Léon Le Clerc, mais aussi un des visages oublié et pourtant manifeste de l’arrière front en Normandie. Des documents originaux et des photographies en lien avec ces camps complètent le propos artistique de cette exposition qui permet également de découvrir les deux études de Léon Leclerc dessinées pour le monument aux morts de la paroisse Saint-Léonard, inauguré dans l’église éponyme à la fin de l’année 1919.

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Léon Le Clerc, cantonnement belge, 1915 - musées du Vieux Honfleur. Photo : Conservation des musées de Honfleur.

Que dessiner qui ne l’ait pas déjà été en situation de paix, dans une ville intacte de l’Arrière où l’on ne connaît ni ruine, ni assaut, ni veille angoissée avant le combat au point du jour ? Car Honfleur, bien qu’elle paie comme toute autre, à quelques centaines de kilomètres de là, son tribut de morts dans les tranchées, est d’abord le théâtre de l’attente. D’un camp à l’autre, c’est donc un monde en sursis, à la cuisine ou au lavoir, à la manutention portuaire ou à l’entraînement - ce grenadier à l’exercice, dont il décompose de manière quasi-chorégraphique chaque mouvement, est d’ailleurs la seule véritable allusion aux combats - que représente Léon Le Clerc.
Il choisit ainsi pour cela son médium de prédilection et d’excellence, l’aquarelle, exécutée sur un dessin préparatoire réalisé à la mine de plomb ; il ne semble que rarement être passé à l’huile pour exécuter une oeuvre sur le sujet. Son regard est avant tout documentaire : il agit comme il semble l’avoir toujours fait, c’est-à-dire en chroniqueur réaliste qui décrit la vie quotidienne, affranchi des avant-gardes picturales. Par contraste, un peintre comme Gernez, soucieux de ses effets de composition autant que de ses sujets, veut faire sur le même sujet oeuvre plastique.
Léon Le Clerc contribue encore une fois à l’évocation du conflit quand il se voit confier à l’issue de celui-ci le dessin du monument aux morts de sa paroisse de Saint-Léonard. Là encore, c’est la sobriété dans l’effet qui guide Le Clerc ; seuls de minces obus, un casque, des grenades habillées en pots-à-feu et des masques à gaz qui témoignent du développement accru de ces armes durant la Grande Guerre évoquent le carnage en cours sur le Front…

Commissariat de l'exposition :
Benjamin Findinier, directeur des musées et du pôle culturel de la ville de Honfleur.
Frédéric Lefebvre

Contacts :
Benjamin Findinier (directeur)
Frédéric Lefebvre (contacts presse)
Tél. : +33 (0)2 31 89 54 00 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Un livret de huit pages est disponible à l'accueil du musée (gratuit).