Etre jeune au temps des impressionnistes, 1860 -1920

 Le festival Normandie impressionniste aura pour thème cette année le portrait. Fidèle à sa tradition, le musée Eugène Boudin de Honfleur ne se contentera pas d’une illustration stricte du sujet mais, pour rendre hommage à la diversité des artistes qu’il conserve, contextualisera un aspect particulier du portrait, celui de l’enfance et de la jeunesse, à l’époque où fleurissait l’impressionnisme.

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Renonçant à une unique succession de portraits, l’exposition mêlera ceux-ci aux scènes de genre – scènes à caractère anecdotique ou familier – où apparaissent principalement des enfants ou de jeunes adolescents, seuls ou en compagnie de leur proche entourage. Ceci présentera le double avantage de pouvoir évoquer toutes les étapes de l’enfance dans le cadre intime (la naissance, la maladie ou les jeux), social (l’éducation) ou religieux (le baptême et la communion...) et la manière dont les différents courants artistiques les ont traités. Une attention spéciale sera portée à la Normandie grâce à Eugène Boudin, Félix Cals ou Alexandre Dubourg, dont le musée possède des œuvres, et qui permettront d’évoquer l’enfance et les bords de mer.

Tous les courants qui ont occupé la scène artistique parisienne au temps de l’impressionnisme seront présents : académisme, réalisme, naturalisme, symbolisme, postimpressionnisme, mais aussi les individualités novatrices du début XXe siècle qui voient le jour au moment où les derniers feux de l’impressionnisme ne sont plus qu’une variante de l’académisme ambiant.

 

Dubourg 1Ainsi, le visiteur pourra voir comment les enfants de la bonne société que peint Berthe Morisot, tels les enfants du riche financier Gabriel Thomas (Limoges, Musée municipal de l’Evêché, dépôt du musée d’Orsay, présenté à l’exposition) sont ignorants de la misère qui pèse sur leurs contemporains représentés, par exemple, par Fernand Pelez, auteur du Marchand de violettes (Musée de Laval, présenté à l’exposition), dont la première version fut présentée au Salon de 1885 sous le titre Un Martyr, illustration de la solitude au sein d’une ville qui semble hostile et où ces exclus tentent de survivre au moyen de petits commerces plus ou moins licites. Parallèlement, le visiteur pourra appréhender combien les variations en blanc de la communiante de Jean-Joseph Weerts, héritières de la Dame en blanc (Washington, National Gallery of Art) présentée par James McNeill Whistler au Salon des Refusés de 1863 mais revue à l’aune de la Communiante (Tournai, Musée des beaux-arts) de Jules Bastien-Lepage du Salon de 1875 peuvent être, à un moment donné, plus novatrices qu’une liseuse peinte par un Pierre-Auguste Renoir soucieux de renouer avec la tradition.

 

Grâce à la générosité de plusieurs musées au premier rang desquels le musée d’Orsay, le palais des Beaux-Arts de Lille ou la Piscine. Musée d’art et d’histoire André Diligent de Roubaix, et grâce à la confiance de plusieurs prêteurs particuliers, plus de soixante artistes – français mais aussi étrangers ayant travaillé en France comme le britannique Lawrence Alma-Tadema représentant dans une composition originale le sculpteur Jules Dalou, sa femme et sa fille (Paris, Musée d’Orsay) ou le belge Alfred Stevens dont l’œuvre Tous les bonheurs (Paris, Musée d’Orsay) claque comme l’étendard d’une enfance idéale – seront représentés par au moins une œuvre dans l’exposition.

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 Légende des illustrations (de gauche à droite et de bas en haut) : Clémence Roth, "Petite fille tenant une orange" (Musée de Morlaix) ; Louis-Alexandre Dubourg, "Petit garçon au chapeau bleu" (musée Eugène Boudin, Honfleur) ; Eugène Boudin, "Portrait de fillette vers 1880" (musée Eugène Boudin, Honfleur) ; Fernand Pelez, "Le marchand de violettes" (musée de Laval).